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[Vu !] Ballerina, le film d’animation franco-canadien

DESSIN ANIMÉ – Avec Ballerina, les réalisateurs Eric Summer et Eric Warin signent un film d’animation pétillant et riche en aventures. Divertissement familial, Ballerina est une comédie virevoltante qui va réveiller l’apprentie-danseuse qui sommeille en chacun de vous !

Synopsis

Félicie est une jeune orpheline bretonne qui n’a qu’une passion : la danse. Avec son meilleur ami Victor qui aimerait devenir un grand inventeur, ils mettent au point un plan rocambolesque pour s’échapper de l’orphelinat, direction Paris, ville lumière et sa Tour Eiffel en construction ! Félicie devra se battre comme jamais, se dépasser et apprendre de ses erreurs pour réaliser son rêve le plus fou : devenir danseuse étoile à l’Opéra de Paris…

Critique

Ballerina place la danse classique eu cœur de son récit. La jeune héroïne, à l’image de la danse, est en perpétuel mouvement, en équilibre, tout en émotion. Elle vit au rythme de la danse qu’elle s’improvise ballerine en débarrassant la vaisselle, ou virevolte dans un bar sur de la musique celtique. La petite fille enchaîne les pointes et les sauts toujours pleine d’entrain et d’ambition. Dans son sillage elle entraîne son meilleur ami Victor, pensionnaire de l’orphelinat. Tout aussi passionné, le jeune garçon est un inventeur qui rêve de voler. Ensemble ils bondissent et morde la vie à pleines dents pour réaliser leurs rêves.

Ballerina est un film d’animation sur l’apprentissage, les rêves et la passion. La magie opère lorsqu’on se laisse embarquer par Félicie dans son périple romanesque. De l’orphelinat à la scène de l’Opéra de Paris Félicie fait preuve d’un mental à toute épreuve et une humanité qui conquiert le public.

Long métrage familial, Ballerina est une leçon de vie intelligente. Le film valorise l’effort et l’apprentissage. Loin d’être manichéen, les réalisateurs présentent une petite fille qui va perdre son chemin en cours de route et renier ceux qui lui ont tendu la main avant d’apprendre ses erreurs. Le message et les valeurs délivrées sont clairs : intégrité, travail, amitié, humilité. Autour de Félicie, une galerie de personnages hauts en couleurs qui vont porter la jeune danseuse vers son objectif.

Si Ballerina ne brille pas par son originalité et quelques portraits de personnages sont caricaturaux comme la « sorcière » incarnée par la mère de Camille l’adversaire de Félicie, Mérante, le professeur de danse classique grimaçant et menaçant, il offre un scénario un peu convenu mais surtout tellement enthousiasmant. Loin de prendre son public pour un idiot, ce divertissement destiné aux enfants est riche d’enseignement.

Ballerina ne ment pas sur la discipline nécessaire pour devenir un petit rat de l’opéra. Alors oui Félicie parvient rapidement à intégrer les bases de la danse classique, oui elle a un mini short pas vraiment d’actualité en 1878, mais franchement on s’en fiche. Si on aurait pu espérer une bande son en français plutôt que de titres en anglais, les battles pop et les « miss beau gosse » font de Ballerina, une fable moderne. La petite héroïne redonne un peu de peps à une discipline de fer.  La seule véritable faute de goût de Ballerina reste d’avoir osé mettre sur la chorégraphie finale un titre pop ou r’n’b au lieu de de la célèbre musique de « Casse-Noisette» de Tchaïkovski alors que l’on attend que cela de voir la danseuse étoile et la jeune Félicie danser ce ballet classique, une ultime concession au modernisme dont on se serait bien passé. On note le soin apporté aux chorégraphies des ballets classiques mis en scène par une véritable danseuse étoile.

Visuellement, le film d’animation tient largement tête aux superproductions hollywoodiennes de Disney comme Dreamworks. La restitution du Paris du XIX e siècle est minutieuse, ce qui donne un vrai supplément d’âme au film. Ballerina présente Paris en pleine mutation en pleine révolution industrielle, avec la construction de la tour Eiffel et de la statue de la Liberté, l’inventivité des chercheurs et des mécaniciens qui élaborent de nouvelles et testent de nouveaux prototypes à l’image de Victor et de ses ailes inspirées de pigeons, accélérant quotidiennement le progrès… Paris est foisonnante de vie et florissante et ses bars vivifiants et populaires.

Côté animation, la technique est irréprochable. On aurait seulement pu espérer un chara design un peu moins universel mettant en scène des personnages aux corps un peu moins gracile et aux têtes un peu moins grosses.

Bref, si le récit reste très prévisible, n’oublions pas qu’il est pensé pour les enfants. Coloré, enjoué, positif, Ballerina, est parfaitement adapté au jeune public. C’est un divertissement qui remplit parfaitement son rôle, idéal pour les fêtes de fin d’année.

Distribution

Réalisation : Eric Summer et Eric Warin
Scénario : Carol Noble, Laurent Zeitoun, Eric Summer
Casting VF : Camille Cottin (Félicie), Malik Bentalha (Victor),  Kaycie Chase (Camille), Magali Barney (Odette), Laurent Maurel (Mérante)
Casting VO : Elle Fanning (Félicie), Dane DeHaan (Victor),  Maddie Ziggler (Camille), Carly Rae Jepsen (Odette), Shoshana Sperling (Mérante)
Musique : Klaus Badelt
Chorégraphies : Aurélie Dupont et Jérémie Bélingard
Producteurs : Laurent Zeitoun, Yann Zenou, Nicolas Duval
Distribution France : Gaumont
Durée : 1h30
Genre : Animation
Date de sortie : 14 décembre 2016

 

 

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