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Sang, sombre… Sambre – de Yslaire [Glénat]

Deuxième génération : Bernard et Julie 

Au milieu du XIXe siècle, Hugo Sambre vient de se suicider. A sa mort, il laisse sa dernière œuvre inachevée. A la veille d’une nouvelle révolution, les héritiers de la famille Sambre enterrent leur père. La deuxième génération des Sambre se découvre alors un terrible héritage. Si leur mère ne tarde pas à se consoler de son défunt époux que l’on disait fou, Sarah, sa fille est convaincue de devoir lui succéder. Exaltée, elle reprend son grand œuvre et entreprend d’achever son ouvrage « La guerre des yeux ». Hugo Sambre était persuadé que sa famille subissait une malédiction dont la couleur des yeux serait à l’origine. Son essai tendait à prouver l’infériorité des hommes et femmes aux yeux rouge. De son côté, Bernard son jeune frère, rencontre pour la première fois la jeune et mystérieuse Julie, une braconnière aux yeux rouges sang. Sous son regard de braise, il cède à ses charmes. Le temps d’une étreinte charnelle dans le sinistre caveau familial, ils sellent le destin de leur amour défendu. La famille Sambre s’apprêtent à vivre des heures aussi sombres que passionnantes.
Dans un accès de folie Sarah tue sa mère et Julie, accusée à tort, fuit croyant que Bernard ne la croit coupable. A cet instant, les événements se succèdent à un rythme vertigineux. Guidé par son amour, Bernard part pour Paris en ébullition à l’aube d’une révolution sur le point d’éclater. A la recherche de Julie réfugiée dans l’ancienne demeure des Sambre, où elle pose comme modèle pour un peintre, il est introduit auprès des pontes la haute société parisienne par son cousin Guizot ignorant alors que sa bien-aimée n’est autre que la fille de l’un d’entre eux.
Plaçant le destin des Sambre en 1847 dans un contexte historique, les personnages sont empreints de réalisme et évoluent en même temps que leur monde change. En parallèle de la naissance de la deuxième République, contre Louis-Philippe, les amants affrontent également leurs propres déboires. Peinte en rouge et noir comme les yeux des protagonistes, Sambre ressemble à une fresque réelle en sépia, témoin authentique d’une page d’Histoire. Yslaire peint le visage le moins resplendissant de la capitale. Paris y est crasseuse et pauvre, mais vivante et révoltée. Dehors, les barricades se dressent et le peuple gronde. Le talent d’Yslaire plonge le lecteur au cœur des manifestants dont on entend presque les cris.
Depuis sa création en 1986 à 2003 pour le dernier titre, la qualité graphique des ouvrages a gagné en subtilité et en finesse jusqu’à nous proposer des planches parfaitement maitrisées. Renforcée par les textes de Balac au démarrage puis d’Yslaire en solo, Sambre retrace les amours tourmentés de deux jeunes amants. En quête de l’autre tout au long des 5 albums les héros n’auront de cesse de se rechercher pour vivre leur amour. Condamnés par la malédiction des Sambre, leur histoire est une tragédie empreinte de romantisme.
Cependant, ce ne sont pas des Roméo et Juliette. Bernard poursuit une chimère en se jetant corps et âme à la suite de Julie. S’il la recherche, c’est autant pour échapper à l’emprise étouffante de sa sœur que par amour. Julie en revanche prend son destin en main et choisit la révolution alors que Bernard cherche la liberté sans jamais l’atteindre. Elle vit pour se détourner du destin, il subit son destin tel une marionnette.

En conclusion, Sambre est une œuvre aussi riche que géniale.  Elle replace fidèlement la société et les événements historiques du XIXe siècle. La passion anime les personnages notamment le duo de héros qui luttent contre le tourment en vue leur quête vaine du bonheur.
Les sentiments se bousculent et Sambre réunit avec force la haine, l’amour, la passion, la cupidité, la luxure, l’envie, servis par un dessin et une colorisation de toute beauté. Un délice pour les yeux quelqu’en soient la couleur.
Sambre est la première série d’une grande saga mais elle met en scène la deuxième génération de la famille. Chronologiquement, Hugo, le père de Bernard et Sarah, est le héros de la première génération  dont l’histoire est racontée dans La guerre des Sambre – Hugo et Iris publiée en 2007.

Les albums : 

I Plus ne m’est rien… (1986)
II Je sais que tu viendras (1990)
III Révolution, révolution…(1993) (devenu « Liberté, liberté… » avec la réédition de 2003)
IV Faut-il que nous mourrions ensemble… (1996)
V Maudit soit le fruit de ses entrailles… (2003)
VI La mer vue du Purgatoire… (2011)

Première génération : Hugo et Iris

Premier degré d’ascendance : Werner et Charlotte

(mis à jour le 14/05/2012)

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