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[Lu !] Requiem du Roi des Roses vol. 1 chez Ki-oon

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le_requiem_du_roi_des_roses_3731 Titre : Le Requiem du Roi des Roses vol. 1
Scénario : Aya Kanno
Dessin : Aya Kanno
Éditeur : Ki-oon
Format : 192 pages – N&B
Collection : Seinen
Genre : Historique, Suspense
Date de sortie : 26 mars 2015
EAN : 978-2-35592-811-6
Prix : 7,65€
Nb de volumes : 5 (série en cours)

© 2014 AYA KANNO (AKITASHOTEN)

 

Résumé éditeur

Dès sa naissance, Richard, héritier de la prestigieuse famille d’York, est un enfant maudit. Né hermaphrodite, il est rejeté et haï par une mère qui considère sa venue au monde comme une punition du ciel. Seule lueur d’espoir dans cette enfance tourmentée, la présence d’un père qui lui voue un amour inconditionnel. Mais la vie du jeune Richard bascule quand son père s’engage dans un conflit avec les Lancaster pour faire valoir son droit au trône. De cette guerre des Deux-Roses va émerger un monstre politique, un tyran sanguinaire qui marquera de son empreinte l’histoire de l’Angleterre… York et Lancaster : deux familles, une haine ancestrale et un seul destin possible pour l’Angleterre déchirée !
Après le succès d’Otomen, Aya Kanno signe son grand retour en France avec Le Requiem du Roi des roses, une réinterprétation brillante de la pièce de Shakespeare, Richard III !

 

Les volumes de la série
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[tab name= »Critique »]

MANGA – Le Requiem du Roi des Roses est ce qu’on peut appeler un premier tome plein de promesses. Nul besoin de connaître sur le bout des doigts les pièces de Shakespeare ou l’Histoire de l’Angleterre pour appréhender l’œuvre d’Aya Kanno : le lecteur est relativement bien guidé dans cette immersion au sein du conflit entre les Lancaster et les York pour le trône – précisons « relativement » car l’introduction de la sorcière peut laisser perplexe, mais les futurs tomes s’attacheront sûrement à expliciter cette intervention un peu étrange. Si j’ai globalement été emballée par Le Requiem du Roi des Roses, je nuancerai mon propos en commençant par ce qui m’a le moins convaincue.

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Ainsi, parlons de l’histoire. Inspirée des pièces Richard III et Henri VI, elle nous promet d’entrée de jeu une atmosphère dramatique faite de manigances, de vilénies et de jeux de pouvoir. De ce point de vue, elle remplit toutes nos attentes en nous livrant son lot d’intrigues politiques et de stratégies. En jeu : le trône d’Angleterre, disputé par deux familles illustres, York et Lancaster. L’ensemble du tome s’attache à nous montrer, sur plusieurs années, le désir grandissant du duc d’York, Richard, de récupérer un trône qu’il pense sincèrement lui revenir de droit, et les batailles qu’il mène pour parvenir à ses fins. Même si le sujet est intéressant, le déroulement des événements peut sembler un peu trop lisse : les pages se succèdent sans parvenir à créer la tension dramatique attendue et le sort des différents protagonistes n’éveille aucune véritable inquiétude chez le lecteur – je pense par exemple à l’emprisonnement de la famille d’York ou à la menace que font peser le fils et la mère Lancaster. La faute sûrement à certains personnages qui, dans ce premier tome, manquent cruellement de profondeur et de relief : la reine, peu charismatique, qui n’éveille pour le moment aucune émotion particulière ni par ses traits, ni par son caractère légèrement stéréotypé ; les frères de Richard qui, bien que sympathiques, font office de figurants ; Catesby, transparent, qui ne présente pour le moment aucune réelle utilité ; et enfin la sorcière – mais existe-t-elle vraiment ? – dont nous espérons en apprendre très vite davantage pour mieux cerner son rôle. Si les dessins d’Aya Kanno sont particulièrement beaux, ils ne dégagent pas toujours l’émotion attendue.

Mais cet aspect politique et guerrier n’est finalement que la toile de fond d’une histoire plus personnelle, plus dramatique, qui constitue le véritable cœur du Requiem du Roi des Roses : celle du jeune Richard, dernier né du Duc d’York. Protagoniste principal, c’est à travers sa propre histoire que nous parviennent les conflits politiques qui déchirent le pays. Et, de ce côté-là, c’est une véritable réussite. Si certains personnages nous laissent malheureusement de marbre, Richard, en revanche, exerce sur nous une fascination étonnante et son traitement se révèle très convaincant. Adepte des personnages déchirés, ambivalents, en équilibre perpétuel entre lumière et noirceur, j’ai été pleinement séduite par ce jeune homme délicat en proie à d’étranges ténèbres. Rien que sur la couverture, l’expression de son regard et de son visage, le contraste de ses cheveux noirs et de sa peau blanche, son corps fin revêtu d’une armure sombre, font sensation. La posture du personnage, très ambigüe –l’une des mains semble amicale, tandis que l’autre, aux doigts crochus, semble prête à étrangler – annonce déjà le conflit intérieur et la dualité qui habitent Richard, et fait naître une forme d’inquiétude. La lecture du tome confirmera cette première impression, aussi bien par les dessins très réussis de l’auteur que par la physionomie et la personnalité prêtées au personnage. Richard fait naître en nous des sentiments très contrastés : d’abord, de la compassion et de la pitié face à cet enfant en proie à une mère superstitieuse et antipathique que l’on se met aussitôt à détester, ainsi que de l’admiration pour la dignité qu’il continue d’afficher malgré les rejets incessants dont il est victime ; de la fascination ensuite pour ce jeune homme à l’air taciturne, silhouette fine et sombre en complet décalage avec ses frères, blonds et lumineux. Les ténèbres au milieu de la lumière. De l’attachement également pour cet être d’une extrême sensibilité, débordant d’amour pour son père, torturé par les paroles de sa mère et par son corps né différent, cherchant toujours à agir au mieux dans l’intérêt de sa famille. Et enfin, de la fascination et de la peur, dans ces très rares scènes où Richard ne semble plus s’appartenir, où il se mue en serpent tentateur et arbore une expression très troublante, presque malfaisante, et où l’on se demande soudain, presque à regret : sa mère aurait-elle raison ?

Ce personnage contrasté, à l’apparence si délicate et au regard profond, nous promet de sombres moments et des heures de lecture au fil des tomes ! Car on a grande envie de suivre son évolution psychologique, sa relation avec le « berger », si étonnante et ambigüe, annonciatrice de nombreux rebondissements, et son glissement d’enfant innocent au tyran sanguinaire évoqué en quatrième de couverture… Son destin tragique, parce qu’il semble être le fruit de la fatalité comme celui des erreurs humaines, parce qu’il n’a encore rien d’évident mais se laisse néanmoins deviner, parvient à éveiller l’intérêt du lecteur et l’invite à poursuivre l’aventure. Et c’est davantage pour lui que pour le conflit entre les York et les Lancaster que l’on se décide à ouvrir le tome suivant.

Ce premier tome d’introduction du Requiem du Roi des Roses, grâce à son personnage charismatique plein de mystère, promet une évolution très intéressante. Ce drame à venir saura, certainement, nous envoûter jusqu’à sa conclusion.

 

Auteur : Aya Kanno
Format : 192 pages N&B
Editeur : Ki-oon Editions
EAN : 978-2-35592-811-6
Prix : 7,65 €
Date de sortie : 26 mars 2015

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