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[Interview] Discussion avec Sire Cédric, l’auteur du roman Le Premier Sang

« Je veux que la personne qui ouvrira le livre ne puisse s’empêcher de tourner les pages jusqu’au bout ! »

Eva Svärta est profileuse au Quai des Orfèvres. Alexandre Vauvert lui est commandant à la criminelle de Toulouse. Leurs deux enquêtes vont les mener à se croiser de nouveau. Le tandem se retrouve rapidement embarquer dans une aventure aux accents de fantastique. Avec leur physique hors norme, elle est albinos et lui est un colosse, et leurs intuitions sans égale, les voici tous deux embarqués chacun à des centaines de kilomètres l’un de l’autre dans une enquête au rythme haletant ! Car quel lien peut unir Ismaël Constantin un dealer notoire mort brûlé dans une étrange posture, Madeleine Reich une riche femme d’affaires portée disparue suite à l’incendie de sa maison et les cauchemars d’Eva Svärta ?

Sire Cédric, l’auteur de ce polar qui flirte avec l’horreur, nous en dit plus sur son univers si particulier.

Adam et Ender : En quelques mots pourriez-vous décrire votre univers à quelqu’un qui vous découvre ?

Sire Cédric : J’écris des thrillers assez musclés, nourris de légendes et de superstitions. Je dirais qu’on se retrouve entre roman d’aventures et récit d’horreur, où le surnaturel surgit souvent au cœur du quotidien. L’héroïne de mon dernier roman est une flic albinos – j’aime les personnages hors-normes, symboliques, tout en ombres et lumières, qui se trouvent appelés à se dépasser, souvent, leur condition de simples mortels…

Quelle a été la principale motivation pour l’écriture de votre roman Le premier sang ? Est-il né de l’envie de retrouver vos personnages ?

Exactement, le couple Alexandre / Eva me manquait ! En écrivant le roman De fièvre et sang*, je me suis réellement attaché à ces personnages, et à la relation assez particulière qu’ils ont commencé à nouer. Alexandre et Eva sont identiques, ils pensent de la même manière, ils souffrent de la même manière, et c’est justement cette trop grande ressemblance qui les éloigne. Si je les ai remis en scène dans ce nouveau roman, c’était surtout pour voir leur relation évoluer. Sans compter qu’Eva avait elle aussi, dans son passé, des spectres à affronter.

Vous avez une écriture rapide, rythmée par des phrases courtes et des chapitres de quelques pages qui traduisent un sentiment d’urgence. Cela donne aussi un sentiment de fluidité mais aussi d’écriture simple et efficace. À quoi pensez-vous quand vous écrivez ? Quelles sont vos préoccupations ?

Quand j’écris, ma seule véritable préoccupation est d’offrir une bonne histoire au lecteur. De l’inventer d’abord, et surtout de la faire partager. Pour cela, tous les moyens sont bons : il faut notamment que le rythme soit irréprochable, que le style soit travaillé pour se faire totalement oublier, et dirige notre imagination dans une course effrénée vers l’avant. Je veux que la personne qui ouvrira le livre ne puisse s’empêcher de tourner les pages jusqu’au bout !

Votre écriture est très visuelle en même temps. Vos personnages sont dotés de caractéristiques particulières et de physiques atypiques. Cela ne prive-t-il pas le lecteur d’une partie de son imaginaire ?

Oh, non, bien au contraire. Mes personnages sont hauts en couleurs pour, justement, marquer les imaginations ! D’ailleurs, leur physique, si atypique soit-il, je ne le décris pas réellement. Eva a-t-elle les cheveux longs ? Courts ? Frisés ? Elle est différente dans l’imagination de chaque lecteur, et pour cause : je ne cherche pas à créer des personnages réalistes, mais des personnages dans lesquels on peut se projeter. Je veux dire, dans lesquels nos rêves et nos fantasmes peuvent s’incarner. Tous mes personnages sont des symboles, leurs caractéristiques sont tirées de mes rêves, de mon inconscient. Si je fais bien mon travail, ils vont trouver un écho dans les rêves et dans l’inconscient du lecteur, et parler de lui, de ses propres questions et angoisses. Paradoxalement, le lecteur aura l’impression d’avoir lu une description très détaillée, très visuelle. Alors que ce n’est pas le cas. Ce n’est que de la suggestion.

Le premier sang un thriller qui mêle la peur, le fantastique  et le religieux. Quelles sont vos sources d’inspiration ?

J’aime jouer avec un mélange de mes lectures, des films que j’ai pu voir, de la musique que j’écoute, des lieux où je vais me promener, un peu tout ce qui fait ma vie au quotidien, en somme. Parfois, il suffit d’une discussion entendue dans le métro, d’un tableau aperçu dans une galerie… et mon imagination fait le reste. J’aime les mystères tout autant que l’action : je n’hésite donc pas à mélanger les deux dans mes histoires…

Lorsque nous nous sommes croisés au Salon du Livre de Paris, nous avons parlé cinéma mais également de bande dessinée. Vous semblez particulièrement attaché à Eva. Donc, si elle devait prendre vie et forme sous les traits d’un personnage de BD cette fois, qui aimeriez-vous voir au dessin ?

Oh, oui, j’adorerais qu’Eva prenne vie sous forme de BD ! Mais je n’imagine aucun trait particulier. Si cela devait arriver, j’espère surtout que la dynamique d’ensemble serait soignée.

Toujours dans cet esprit, seriez-vous prêt à confier les rênes de votre histoire à un auteur de BD ou vous laisseriez-vous tenter par cet exercice d’écriture très différent ?

Je ne suis ni scénariste, ni dessinateur. Il y a des gens dont c’est le métier. Certains sont même des génies en la matière.

Avez-vous commencé la rédaction de votre nouveau roman et doit-on s’attendre à retrouver Alexandre et Eva ?

Oui. Alexandre et Eva reviendront l’an prochain !

Quand vous commencez une histoire en connaissez-vous toujours la fin ou l’intrigue initiale est-elle suffisante pour que vous lanciez ?

Quand je commence à écrire, je sais toujours où je vais, même vaguement. Chaque chapitre que j’écris mène, information après information, péripétie après péripétie, vers cette conclusion.

Une fois publié le roman entame sa seconde phase de vie auprès des lecteurs. Mais qui est la première personne à avoir lu ce roman ?

Ma compagne. À ce jour, elle a lu tous mes romans au fur et à mesure de leur écriture (et elle en a parfois lu plusieurs versions !). Je n’envoie un manuscrit à mon éditeur qu’une fois parfaitement finalisé, lissé, irréprochable. Pour cela, je suis un vrai maniaque.

*Sire Cédric a reçu le Prix du polar de Cognac pour son précédent roman « De Fièvre et de Sang ».

 


Auteur : Sire Cédric
Format : 15,4 x 24 cm – 511 pages
Editeur : Le Pré aux Clercs
EAN : 978-2842284688
Prix : 19,50 €
Date de sortie : 15 mars 2012

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